Bref. Hedy en cavale passe en Suisse, où elle rencontre d’autres émigrés fuyant l’Allemagne nazie, dont Billy Wilder et Erich-Maria Remarque, avec lequel elle a une liaison. Le milieu du cinéma européen ne veut plus d’elle? Elle embarque sur le paquebot Normandie et part à la conquête du Nouveau monde.
Même à Hollywood, ils ont entendu parler d’Extase et font la moue. Têtue et presque à la rue, Hedy finit par décrocher un contrat avec la MGM, Metro-Goldwyn-Mayer (oui, le lion qui rugit). Désormais Hedy Lamarr, elle joue dans une quinzaine de films, avec Charles Boyer (Casbah) Spencer Tracy ( Cette femme est mienne) James Stewart (Viens avec moi) Clark Gable (Camarade X), sous la direction de King Vidor, Joseph Von Sternberg, Robert Leonard, Victor Fleming.
Entretemps, elle réussit à faire venir sa maman aux Etats-Unis juste après l’Anschluss de 1938, ouf il était temps! ( le papa banquier est mort en 1935).
Sa grande beauté lui vaut d’inspirer le visage de Blanche-Neige à Walt Disney, mais ne lui fait pas que des amies: Greta Garbo la déteste. Si elle devient la reine du glamour – on l’appelle alors la plus belle femme du cinéma – Hedy ne parvient pourtant pas à détrôner la Divine. Il faut dire qu’elle ne joue pas que dans des chef-d’oeuvres – qui peut s’en vanter? – et que son contrat d’exclusivité avec la MGM l’oblige à renoncer à de belles opportunités, dont Casablanca.
Après la guerre, sa carrière va commencer à décliner, comme actrice et comme productrice, à l’exception du peplum Samson et Dalila réalisé par le maitre du genre, Cecil B.DeMille. Dans ses derniers films, elle incarne Jeanne d’Arc, et Hélène de Troie sous la caméra de Marc Allégret. En 1958, elle arrête tout, passe son temps à claquer son fric – après tout, c’est le sien – et à faire du vol à l’étalage, sans doute parce qu’elle s’ennuie.
Rien de bien extraordinaire, me direz-vous, que ce destin de petite pépée de Hollywood, même si elle a partagé une Sachertorte avec Adolf?